samedi 28 juin 2008

Le Jomonsugi et Yakushima






Yakushima (屋久島), l'île japonaise de Yaku se situe au sud de Kyūshū. De forme pentagonale, cette île montagneuse est couverte d'une dense forêt primaire principalement composée de Sugi (杉 Cryptomeria japonica ou cèdre japonais), dont le plus connu est le Yaku-sugi (屋久杉) ou Jōmonsugi en raison de son âge estimé à 7000 ans environ (selon la légende, 2300 ans selon l'estimation scientifique : c'est ce qui est écrit au pied de l'arbre.) et qui daterait donc de la période Jōmon. Il se situe au centre de l'île et une marche d'une dizaine d'heure environ sur des sentiers balisés permet d'y accéder. Plusieurs de ces cèdres auraient quelques milliers d'années, comme le Yayoi-sugi (de l'époque Yayoi). L'île est surnommée «Sekai Issan», ce qui se traduit par «patrimoine mondial». L'île est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le Miyanoura-Dake (1935 metres)


Une bonne experience, apres mon petit volcan (+ de 900 metres) de la semaine derniere, 2 jours de randonnees en Foret pour voir le Jomonsugi et escalader la plus haute montagne de l'ile, heu, pour ma montre elle n'est pas toujours d'accord avec les chiffres mais j'y etais bien, je vous assure.


Un temps de chien, pluie, brume, meme mes chaussures ont pour la premiere fois ete trempees, 3 jours apres elles ne sont pas encore seches !!!


Le plus dur ce n'etait pas la marche, mais plutot de dechiffrer la bonne direction !!!


Certainement un truc important, enfin beucoup moins pour moi !!! Un vrai bonheur, simple, une communion avec la nature, dans une foret classee World Heritage avec les arbres les plus anciens du Monde, avec d'autres certainement.

Les Singes de Yakushima

Singe. Animal arboricole qui se sent également très à l'aise dans les arbres généalogiques.
Ambrose Bierce

Ce n'est pas le singe ou le tigre que je crains dans l'homme, mais l'âne.
William Temple

Si le singe du zoo a cet air préoccupé, c'est parce qu'il se demande s'il est le frère de son gardien ou le gardien de son frère.
Evan Esar


L'homme descend du singe, mais certains descendent plus vite que d'autres.
Pierre-Jean Vaillard

Il importe peu de descendre du singe ; l'essentiel est de ne pas y remonter.
Richard Wagner

Descendre du singe n'est pas difficile, c'est grimper aux arbres qui pose problème.
Ruppert Barnes


Le singe est beaucoup plus intelligent que l'homme : il n'a jamais voulu parler pour ne pas être obligé de travailler.
Robert de Beauvoir

La superstition est à la religion ce que le singe est à l'homme.
Francis Bacon


On dirait que le singe n'a été fait que pour humilier l'homme et lui rappeler qu'entre lui et les animaux, il n'y a que des nuances.
Jean-Baptiste Say

J'ai trouvé le chaînon manquant entre le singe et l'Homme : c'est nous !
Konrad Lorenz


Il y a beau jour que tout le monde sait que l'homme descend du singe, mais on le cacha longtemps pour ne pas humilier ce dernier.
Robert Desnos

Le Kugensugi


Un des arbres les plus vieux de l'ile, dans les 3 000 ans.


Cette île est une destination touristique prisée par les Japonais.

Animaux : On peut croiser en tout point de l'île des singes (macaques) et des daims, qui sont les seuls gros animaux sur l'île. Ces animaux ne sont pas du tout craintifs. Il est fréquent que des groupes de singes s'épouillent en bord de route. De certains observatoires en bord de mer, il serait possible d'observer des dauphins.

Coraux et plongées : bien que beaucoup moins riches que les archipels d'Okinawa ou de Yaeyama, il y a quelques possibilités.

Balades : De très nombreuses balades sont possibles. Les sentiers des principales balades sont surchargés. Pour celle menant à Jōmon, il arrive vers 6h30 du matin 5 à 10 bus au lieu du départ. La durée de cette balade, au rythme des guides, est d'environ 9h30 à 10h. Il est possible de la faire en 7h30, en étant bien entrainé. À noter que l'eau est réputée buvable dans la montagne, ce qui peut permettre d'éviter de trop se charger. Attention, il pleut presque tous les jours : en japonais, il y a une expression qui dit qu'il pleut 35 jours par mois à Yakushima ! Vous pouvez aussi visiter la forêt qui a inspiré Miyazaki pour le film "Princesse Mononoke" et qui s'appelle d'ailleurs "Mononoke no mori" (forêt de Mononoke).


Végétation : Yakushima possède une cinquantaine de sortes de fleurs particulières à l'île ainsi que plusieurs centaines de mousses rares (dont certaines forêt sont entièrement recouvertes). La curiosité reste le Himeshara, un arbre de couleur orangée, dont la sève est froide. Le conducteur du bus qui mène à l'entrée du sentier de randonnée invite par ailleurs à serrer l'arbre dans ses bras lorsqu'on a trop chaud, au risque de paraître très étrange...

Onsens : Que serait le Japon sans ses onsens...Yakushima en possède quelques-uns qui valent le détour, notamment celui qui se situe au sud de l'île. Le bassin en pierre a été construit dans la mer. Il coûte 100 yens et il est mixte. Par ailleurs il est accessible 24/24h et permet d'assister aux couchers de soleil.

Ma petite page noire (sur les photos de la foret millenaire de Yakushima)


Pour une fois, je vais ecrire un petit texte pas positif... Bon c'est vrai le Japon et les japonnais sont merveilleux, des gens dans l'ensemble bien eduques, tres respectueux et gentils. Mais apres pres de 2 mois ici, d'ailleurs cela devient le pays ou j'ai passe la plus de temps et qui n'est pas aussi cher que j'avais pense, j'ai quelques anecdotes et comportements a mettre par ecrit, ca va me soulager l'esprit...


Bon lors de ma visite a Yakushima, deja le bus ne va pas jusqu'a l'auberge de jeunesse que j'avais reserve, pas grave, une bonne heure de marche avec 20 kilos sur le dos, ca j'ai l'habitude. J'arrive a l'auberge vers 20h, ils sont tous a table et je demande une chambre avec dinner et petit dej, comme indique sur les tarifs, a la reception... Non pas possible, c'est trop tard !!! Et pour le petit dej, non pas possible non plus !!! Le tout avec une mechancete incroyable... Ha cool, moi qui n'avait deja rien mange ce midi, car il n'y avait rien sur cette plage comme resto qui voulait bien de moi... J'avais bien trouve un resto mais c'etait le resto de l'hotel, pas possible c'est pour les clients de l'Hotel !!! Ok, je demande donc une chambre, et la le type me regarde comme une chose repoussante et degoutante et croise les bras du style non, puis repart dans sa cuisine a decouper des sushis... Je ne lache pas le morceau, et la, un autre type arrive et m'exlique qu'ils sont complets... Mouhaiiiih...


Mais par d'autres fois c'est assez drole, enfin si on le prend bien, bien sur !!! La meme journee, toujours a la recherche d'un hotel, j'appelle un qui est pas mal et pas trop cher, je vous le fait:
Moi: Bonjour, je voudrais reserver une chambre pour cette nuit.
La receptionniste: OK, pour combien de personnes?
Juste une, moi.
Ha... Heu... pas de chambre libre...
L'hotel est complet?
Heu... Oui, complet.
Mais pourquoi si l'hotel est complet, me demandez vous le nombre de personnes?
Heu.. Pas compris... Parle pas anglais. Et me racroche au nez...

Vous vous demandez pourquoi? Tout simplement car les chambres, en general ici sont au nombre de personnes et donc si il leur reste qu'une grande chambre, ils preferent en general attendre plutot que de la donner a une personne et esperer qu'une famille ou un groupe appelle... Cool non? Du grand n'importe quoi !!! Le probleme c'est que ca m'est arrive un peu trop souvent au Japon, mais aussi direct me racroche aux nez car je ne parle pas japonnais... Enfin il n'y a pas si longtemps les onsens etaient interdit aux etrangers aussi que certains bars, restos ou clubs, pour ce dernier point c'est encore le cas.


En parlant d'hotel, a Nagasaki, j'ai ete dans une petite famille qui n'avait que 5 chambres. La petite dame etait si ravie de voir quelqu'un et en plus pour 3 jours qu'elle m'a donne sa meilleure chambre, bon j'etais son seul client. 2 jours super et le 3eme jour, j'arrive dans ma chambre et la je vois un couple d'anglais !!! Je leur demande ce qu'Ils font dans ma chambre et ils me disent que c'est la leur, qu'ils l'ont loue aujourd'hui !!! Dans l'hotel personne, juste une porte ouverte avec mes affaires dans une autre chambre 3 fois plus petite. Oui, ici tout ce fait dans le dos, c'est le paraitre qui compte par toujours l'etre. Elle m'aurait demande, je n'aurais rien dit, je suis seul, ils sont deux, je comprends. Mais comme je lui avais dit que j'avais un train tot le lendemain, elle a du se dire qu'elle ne me reverait pas, enfin meme en Bolivie ou au Guatemala on ne m'a pas fait ca... Bon j'arrete la mais j'ai encore beaucoup a raconter, ca me reviens comme ca !!! Mais je les garderais pour moi !!!

Histoires d'O, non d'Eaux, Pardon !!!


Pourquoi les fleuves débordent-ils, mais pas la mer ?
- Parce que dans la mer, il y a des éponges.


Heureux l'élève qui, comme la rivière, peut suivre son cours sans sortir de son lit !


Quand les mouettes ont pied, il est temps de virer (dicton de marin breton)


C'est un Belge qui est en vacances près du Mont Saint-Michel.
Il remplit une petite bouteille avec de l'eau de mer.
Le gardien de la plage lui demande pourquoi il fait cela.
Le Belge explique qu'il collectionne l'eau de mer et qu'il en prend à chaque plage où il va.
Le gardien lui facture l'eau de mer pour 1 euro, que le Belge paye volontiers.
Le lendemain matin, de sa chambre d'hôtel, à marée basse, il voit que la mer a reculé de deux cents mètres.
Il s'écrie alors : Mais quel fric il se fait, ce gardien !

Yakushima (2eme Jour)


Heureux de pouvoir me reposer un peu sur la plage... Bon le temps, ce n'etait pas encore ca, enfin il n'a plu que tard dans la soiree.


Petite plage a deux pas de Nagata, mais egalement le lieu de pondaison de differantes especes de tortues.


Avec un musee sur la plage qui m'a appris pas mal de choses sur les tortues marines...

En fonction de son âge, la tortue ne se nourrit pas de la même façon et ne vit pas dans les mêmes environnements. On distingue :

Le stade œuf

Le stade nouveau-né : le nouveau-né sort de l'œuf, émerge du nid en général en groupe et se réfugie en mer ou il nage activement vers le large durant plusieurs jours (de trois à six selon les espèces).

Le stade juvénile pélagique : ce stade débute lorsque les jeunes tortues abandonnent leur comportement de nage active et se concentrent davantage sur l'alimentation en se laissant porter par les courants marins. Les observations à ce stade sont extrêmement rares. Les comportements peuvent également être différents selon les espèces. Les livrées différentes donnent à penser que toutes les espèces ne vivent pas dans le même biotope.

Le stade juvénile benthique : les juvéniles se sédentarisent sur les zones benthiques (excepté pour la tortue luth). Leurs habitudes alimentaires semblent changer, leurs prédateurs aussi.

juvénile sub-adulte de tortue verteLe stade sub-adulte : il commence à la puberté, lorsque les caractères sexuels secondaires apparaissent. Les tortues marines d'une même espèce ne deviennent pas matures sexuellement à la même taille.

Le stade adulte : les adultes migrent de leur zone de vie à leur zone de ponte. Toutes les espèces de tortues marines sont fidèles à leur lieu de ponte, avec quelques variations en fonction de l'espèce.

Yakushima (1er Jour)


Dans le ferry super rapide (2 heures) pour rejoindre Yakushima, j'ai fait la rencontre de 2 americains tres sympas, Josh (a gauche) et Chris (a droite).


Petit repas tres sain prepare par mes soins !!! Notez la bouteille de Vin, un vieux reflexe !!!


On a loue une voiture et malgre la pluie on est partis faire une petite randonnee dans la montagne, sur 4 heures, avec une nuit dans une des huttes mise a la disposition des randonneurs.


On a passe une super bonne journee, et une bonne nuit car ici au Japon, les huttes de montagnes sont vraiment top, ca m'a donne l'idee de le refaire mais a plus grande echelle... Voir le message sur le sommet de la Montagne.

Internet mais pas d'Usb pour vous mettre mes photos

Je vais devoir attendre encore un peu avant de mettre mon site a jour, pas moyen de telecharger les photos...

Je suis bien sur Naha, sur l'ile d'Okinawa, dans le grand sud du Japon, bien plus proche de Taiwan que de Tokyo.

26 heures de Ferry et une soiree bien (trop) arrose de Sake et d'autres boissons inconnues... Je vous assure avoir trop bu sur un bateau en mouvement, c'est une experience que je ne souhaite a personne !!! Je crois que les effets sont cumulatifs, apres generalement c'est au moins 2 heures dans les toilettes... Enfin ca fait passer le temps !!! Mais les heures qui suivent sont beaucoup plus dures...

Et oui, je sais c'est tres rare pour moi de trop boire, mais ici sur les iles c'est une activite locale, rien qu'hier j'en ai croise 4 qui etaient dans un etat bien avance et il n'etait que 21h...

Et ils ont un rituel, une coutume, quand tu bois avec eux, le plus ancien fait un toast puis remplit le verre (il n'y en a qu'un) et le passe a son voisin, qui le vide et le redonne a l'ancien, jusqu'a que le verre ai fait le tour puis il passe la ou les bouteilles a son voisin qui deviens donc le serveur (le barman quoi) et ainsi de suite, jusqu'a que tous le monde soit bien cuite... Voila, desormais je le sais, je vais faire tres attention la prochaine fois, le secret, fuir par la fenetre des toilettes avant de finir dedans !!!

jeudi 26 juin 2008

Tout va tres bien !!!

Je suis parti sur une ile sublime avec des forets et des arbres plus que millenaires !!! 4 jours de treks et de pluie !!! Une vrai experience !!!

Des que j'ai le temps, je mets mon site a jours, aujourd'hui, je prends mon ferry pour naha, 24 heures de trajet, je ne pense pas qu'il ont internet a bord !!!

samedi 21 juin 2008

En Route vers les petites iles du Sud du Japon


J'en ai fini aujourd'hui avec Kyushu, par une bonne journee.
Escalade d'un volcan eteint de 923 metres, dans la pointe sud de l'ile, pas tres tres haut mais tres sportif et tres humide des 300 metres, avec varape sur des rochers bien glissants. Ici, c'est toujours la saison des pluies, c'est aussi pour ca que je ne prends pas trop de photos, c'est trop triste avec la pluie et il y a peu de visiblite...
Ensuite, plus haut vers le nord, la ville d'Ibusuki et son Onsen aux bains de sables... Un pur moment de plaisir, on se fait litteralement enterrer sur la plage, dans du sable chaud, la source d'eau chaude sort par le sable a cet endroit de la plage. Et la, berce par le bruit des vagues, on savoure la chaleur du sable et de la vue sur la mer... Suivie par un onsen classique comme a Beppu ou j'ai passe les 2 jours avant Kagoshima, bains aux differentes temperatures, jets d'eaux, saunas, hammams, cascades d'eaux de mer...


Donc demain, j'attaque les iles du sud. Je commence par Yakushima (4 jours), puis Okinawa et ensuite c'est assez flou. Je pensais me rendre jusqu'a Taiwan mais il parait qu'il n'y a plus de ferry (je verrais bien sur place), si c'est vrai, je remonterais par ferry jusqu'a Kyushu, puis train jusqu'a Fukuoka et de la Ferry de nouveau pour la Coree du Sud. Affaire A Suivre !!!

Sakurajima


Le Sakurajima (桜島) est un volcan du Japon situé dans le sud de l'île de Kyūshū.

C'est un des volcans les plus actifs du Japon. Lors de la puissante éruption de 1914, le volcan a cessé d'être une île lorsque de la lave a comblé le détroit qui la séparait de l'île de Kyūshū. Le risque humain est un des plus élevés au Japon car l'activité éruptive du Sakurajima est intense, explosive et le volcan se trouve au milieu de la baie de Kagoshima. Ces conditions font peser un risque constant de nuées ardentes et de tsunamis à la population qui vit à proximité, notamment la ville de Kagoshima (environ 600 000 habitants) distante de huit kilomètres à vol d'oiseau.


Le Sakurajima forme une presqu'île de 80 km2 rattachée à l'île de Kyūshū depuis 1914. Il se trouve dans le nord de la baie de Kagoshima, sur le bord sud de la caldeira d'Aira qui s'est formée il y a 22 000 ans et qui constitue le nord de la baie de Kagoshima.


Il est formé de trois sommets : le Kitadake (1 117 mètres d'altitude) au nord, le Nakadake (1 080 mètres d'altitude) au centre et le Minamidake (1 040 mètres d'altitude) au sud.

Le type explosif du volcan et la présence de centaines de milliers d'habitants à proximité immédiate créent un enjeu humain particulièrement élevé.


De nombreux travaux ont été entrepris et des mesures ont été prises afin de limiter les risques encourus par la population :

* Aujourd'hui, les habitants n'auraient pas à courir en tous sens à la recherche d'une embarcation. Leur évacuation est programmée, réglée comme un ballet. Chaque 12 janvier, date anniversaire de l'explosion de 1914, elle fait même l'objet d'une répétition générale à laquelle ne manquent que la lave et les bombes.

* Sur les pentes du Sakurajima ont été construits de nombreux canaux de collecte, digues et bassins de rétention afin de canaliser et de stopper les lahars.

* La population vivant à proximité du volcan est soumise à des mesures particulières de sécurité avec des plans d'évacuation, le port du casque obligatoire pour les enfants (le casque les protège des retombées de cendres et de petites pierres projetées dans l'atmosphère presque quotidiennement). Pour les écoliers, la consigne est de se jeter sous les pupitres à la moindre alerte. Le premier danger qu'offre le Sakurajima est en effet l'écroulement des toits sous le poids des cendres.


* Des abris en béton armé tous les 200 mètres servent de refuges en cas de projections de blocs.

* Quatre heures : c'est le délai maximal que s'accordent les autorités pour évacuer la presqu'île en cas d'éruption imminente. D'où le soin apporté aux exercices d'entraînement à l'évacuation.

* En cas d'éruption, huit ferries feraient immédiatement route vers Sakurajima. Pour les exercices d'évacuation, trois ferries sont réquisitionnés pour emmener la population dans le calme.

* Un réseau de détection et d'alerte des tsunamis et des séismes a été mis en place dans la baie de Kagoshima.


Néanmoins le Sakurajima constitue un lieu touristiques avec des sources chaudes, du thermalisme, un sol très fertile permettant la culture des plus gros radis chinois du monde (une trentaine de kilos pour les plus gros) et des plus petites mandarines du monde (les komikans avec trois centimètres de diamètre),...


Il y a 22 000 ans se forme la caldeira d'Aira au cours d'une éruption qui projette des centaines de kilomètres cubes de matériaux dans l'atmosphère. Il y a 13 000 ans commence à se former le Sakurajima sur le bord sud de la caldeira, dans la baie de Kagoshima. La première observation d'une de ses éruptions date de 708 av. J.-C.

Le volcan, très actif, a des éruptions stromboliennes qui se produisent dans un cratère sommital (le cratère Showa) mais plusieurs éruptions pliniennes se sont produites en 1471-1476, 1779-1782 et 1914.


Lorsque l'éruption commence le 11 janvier 1914, le Sakurajima était endormi depuis un siècle. Des séismes précurseurs avaient permis d'alerter la population et d'évacuer en partie l'île. Dans la ville de Kagoshima, 417 secousses sismiques avaient été enregistrées dans les trente heures précédant l'éruption. Un panache de cendres volcaniques s'est élevé jusqu'à huit kilomètres d'altitude et des nuées ardentes ont dévalé les pentes du volcan. Le 13 janvier, un puissant séisme tue 35 personnes et à partir de cette date l'activité éruptive change : les explosions se font moins fréquentes et des coulées de lave apparaissent à l'est et à l'ouest du sommet, agrandissant l'île et la reliant à celle de Kyūshū en comblant partiellement le détroit large de 400 mètres et profond de 72 mètres. L'activité effusive dura des mois ce qui est rare au Japon où la lave est généralement andésitique et trop visqueuse pour pouvoir s'écouler.

Durant la phase finale de l'éruption, le fond de la caldeira d'Aira s'est abaissé de soixante centimètres, vraisemblablement à cause de la vidange de la chambre magmatique. Le fait que la subsidence se soit produite au centre de la caldeira et non sous le Sakurajima a permis de démontrer le lien entre le volcan et la caldeira, notamment la présence d'une chambre magmatique unique. La modification de la morphologie de la baie de Kagoshima avec la disparition d'un détroit au profit d'un isthme a affecté les marées avec l'augmentation du marnage.


Depuis 1955, l'activité du volcan est presque constante avec cent à deux cents grandes explosions par an et quelques nuées ardentes.

L'observatoire volcanologique fut créé en 1960 afin de prévoir les éruptions importantes. Le Sakurajima est ainsi un des volcans les plus surveillés et les mieux étudiés au monde.

mercredi 18 juin 2008

Usuki et Citations


Usuki (臼杵市; -shi) est une ville du Japon située dans la préfecture d'Ōita sur l'île de Kyushu.


La municipalité d'Usuki habrite un site monumental de statues taillées à flanc de rocher dénommé Usuki Sekibutsu (臼杵石仏).

Ce site est classé trésor national depuis 1995.


Ne fais aucun mal, - Fais le bien avec obéissance, - Vide ton esprit de toi-même, - Voilà l'enseignement de Bouddha.


De rien je ne peux dire: «ceci m'appartient», dit Bouddha, et rien ne me permet de dire: «ça, c'est moi»


S'il suffisait de s'installer en position du lotus pour accéder à l'illumination, toutes les grenouilles seraient des bouddhas.


L'expérience, en effet, est le chemin. Et comme l'a souvent dit le Bouddha: «il incombe à chacun de le parcourir», afin qu'un jour, le messager devienne lui-même le message.


Le Bouddha a toujours dit que l'on devait examiner ses enseignements, les méditer, mais qu'on ne devait pas les accepter simplement par respect pour lui.


«La vérité que j'ai vue est profonde, paisible, inconditionnée, lumineuse, libre des fabrications de l'intellect» a dit le Bouddha après son Eveil.


« Ne demeure pas dans le passé, ne rêve pas du futur, concentre ton esprit sur le moment présent. »


« Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire. »


« Sous le ciel, il n'y a rien qui soit stable, rien qui ne dure à jamais. »

Kumamoto-jô


Le château de Kumamoto (熊本城; -jō) est un château à Kumamoto, Préfecture de Kumamoto, au Japon qui a été ouvert au public. De larges fortifications encore visibles de nos jours en font un des châteaux les plus fortifiés du Japon.


Le donjon a été partiellement rénové en 1960, mais les plus anciennes poutres de bois ont été laissées sur place. Kumamoto-jô avait été assiégé durant la rébellion de Satsuma, et mis à sac ainsi que brulé après 53 jours de siège.


La rébellion de Satsuma (Seinan Sensō 西南戦争, "la guerre du Sud-Ouest" ) est une révolte du clan samurai Satsuma contre l'armée impériale japonaise, qui a éclaté en l'an 11 de l'ère Meiji, en 1877. Les samouraïs de Satsuma se montraient de plus en plus critiques des initiatives du gouvernement. La modernisation du pays avait pour conséquence la disparition de la féodalité, annihilant ainsi la structure sociale traditionnelle. Pour les samouraïs, cela représentait surtout la perte de leur statut social, de leurs privilèges et de leur position de pouvoir, mettant en danger de surcroît leur situation financière.


La rébellion fut menée par Takamori Saigō, qui une dizaine d'années auparavant s'était battu pour instaurer la restauration Meiji durant la guerre de Boshin et avait eu un rôle central dans le nouveau gouvernement. Assez ironiquement, il avait alors été responsable en tant que maréchal de constituer l'armée du gouvernement auquel il s’opposait désormais. Saigô avait soutenu les réformes au début, mais quand les privilèges de sa propre classe samouraï furent remis en question, son conservatisme et son traditionalisme l'amenèrent à se ranger du côté de sa classe plutôt que du gouvernement.

Saigô se battit pour la préservation de la caste samouraï, mais aussi pour un gouvernement plus vertueux (le slogan de son mouvement était "新政厚徳", "nouveau gouvernement, grande éthique"). Il avait recours aux méthodes militaires occidentales, et toutes les représentations contemporaines de Takamori Saigō le représentent en uniforme de général occidental. À la fin du conflit, à court de matériel et de munitions, il dut se rabattre sur des tactiques de combat rapproché avec des sabres, des arcs et des flèches.


En janvier 1877, le gouvernement envoya une unité navale pour désarmer Kagoshima, une ville clé du domaine de Satsuma, mais cette unité est attaquée par Saigô et ses hommes. Les troupes de samouraïs de Saigô se battaient avec aussi bien des armes à feu modernes que des armes traditionnelles, mais sa tactique militaire était traditionnelle.

En février, Saigô et son armée de 25 000 à 40 000 hommes assiègent la caserne de l'armée du gouvernement de la ville de Kumamoto.


Le siège de Kumamoto est considéré par les historiens comme une erreur tactique majeure de la part de Saigô, étant donné que cela a permis au gouvernement de gagner du temps pour attaquer avec 300 000 soldats sous le commandement de Sumiyoshi Kawamura. Les samouraïs rebelles réussirent à tuer le double de leur propre nombre, mais cela ne suffit pas car le nombre d'ennemis étaient trop important. La bataille dura six semaines, et il ne resta plus à Saigô que 300-400 de ses hommes. Saigô et les samouraïs restants furent repoussés jusqu'à Kagoshima où, lors d'une ultime bataille, la bataille de Shiroyama, Saigô fut grièvement blessé. Pour éviter d'être capturé, Saigô se fit aider dans son seppuku le 24 septembre 1877.

Mater la rébellion coûta beaucoup d'argent au gouvernement. Elle marqua la fin de la classe samouraï. Saigô Takamori fut élevé au rang de héros tragique par le peuple et, 10 ans plus tard, le gouvernement japonais lui pardonna et lui rendit les plus grands honneurs à titre posthume.

Kumamoto et la residence du Daimyo


Kumamoto (熊本市, Kumamotoshi) est une ville japonaise, capitale de la préfecture de Kumamoto, dans le sud-ouest de l'île de Kyūshū.


Kiyomasa Katō, un contemporain de Hideyoshi Toyotomi obtint le grade de daimyo de la province de Higo en 1588.


Il fit alors construire le château de Kumamoto. Grâce à ses nombreuses inovations en matière de défense, ce château fut réputé imprenable.


A la mort de Kiyomasa, son fils Tadahiro pris sa succession. Mais en 1633, Ieyasu Tokugawa lui enleva son grade de daimyo pour le donner au clan Hosokawa.

Dejima


Dejima (出島) est une île artificielle dans la baie de Nagasaki. C'était le lieu où les Néerlandais commerçaient avec les Japonais de 1641 à 1853.


Pendant cette période, les étrangers autres que les Néerlandais n'avaient pas le droit de commercer avec le Japon, et les Néerlandais au Japon n'avaient pas le droit de quitter Dejima.


Dejima, qui était isolée des terres, a été peu à peu entourée de terrains gagnés sur la mer; mais il existe actuellement un projet de restauration, qui comprend aussi bien la reconstruction des bâtiments que la reconstitution de l'île elle-même.


Petite anecdote, pendant les guerres napoléoniennes, suite a la prise des pays bas par la france et des ses positions territoriales d'outre mer, c'etait le seul endroit au Monde (sur l'ile de Dejima) ou flottait le drapeau neerlandais.

Nagasaki et Christianisme


Une ville assez dure, 3 jours de pluie, des rues grises et tristes, et peut etre le plus mauvais hotel que j'ai trouve au Japon... Peu de photos car aucun des musees ne les acceptes... Mais une ville tres charge d'Histoire.


Fondée il y a un peu moins de 500 ans par les Portugais, c'était à l'origine un village isolé. C'est l'arrivée d'explorateurs européens au milieu du XVIe siècle, quand un navire portugais s'échoua accidentellement sur les rives de la préfecture de Kagoshima en 1542, qui en provoqua la naissance et l'essor. Le missionnaire jésuite François Xavier arriva au Japon en 1549, mais bien qu'il partit pour la Chine en 1551 et y mourut peu de temps après, ses disciples restèrent au Japon et y convertirent plusieurs daimyō (chefs de guerre). Le plus important fut Sumitada Ōmura qui fit un grand profit de sa conversion, car il reçut une part du commerce des navires portugais dans un port qu'ils établirent à Nagasaki en 1571, date de fondation de la ville, avec son aide.


Le petit village portuaire grandit rapidement, et les produits importés à Nagasaki (comme le tabac, le pain, les beignets — tenpura, les gâteaux et les vêtements occidentaux) furent assimilés dans la culture populaire japonaise — la plupart d'entre eux ont d'ailleurs conservé leur nom d'origine portugaise comme les fameux gâteaux de Nagasaki, les kasutera (castella). Les Portugais amenèrent aussi avec eux des marchandises d'origine chinoise et les armes à feu.

La prospérité de Nagasaki fut menacée en 1587 lorsque le nouveau shogun, Hideyoshi Toyotomi, arriva au pouvoir. Inquiété par l'influence des chrétiens dans le sud du Japon, il ordonna l'expulsion de tous les missionnaires. Ōmura avait donné aux jésuites un contrôle administratif partiel de Nagasaki, et la ville retourna sous le contrôle impérial. Les chrétiens japonais et étrangers furent persécutés. En 1596, Hideyoshi fit crucifier 26 chrétiens à Nagasaki pour détruire toute tentative d'usurper son pouvoir. Toutefois, comme l'empereur ne fit pas bannir les marchands portugais, l'économie de la ville continua à prospérer.


Quand presque vingt ans après, Ieyasu Tokugawa prit le pouvoir, la situation ne s'améliora pas. Le christianisme fut interdit en 1614 et tous les missionnaires furent déportés, ainsi que les daimyō qui ne renoncèrent pas à leur religion. Une campagne brutale de persécution s'ensuivit, avec des centaines de tués ou torturés à Nagasaki et dans d'autres parties du Japon. Les chrétiens offrirent une certaine résistance, en 1637 lors l'insurrection de l'enclave de Nagasaki Shimabara. Au nombre de 40 000, ils capturèrent le château d'Hara et humilièrent le daimyō local. En réponse, le shogun envoya 120 000 soldats. Ce fut la fin du bref « siècle chrétien » au Japon. Ils durent pratiquer leur religion en secret, toujours victimes d'inquisitions occasionnelles.


Pendant ce temps les Néerlandais, appelés au Japon Hollandais (Oranda-jin), continuèrent discrètement à exercer leurs affaires au Japon, en plus du commerce ils ramenèrent avec eux des japonaises en Hollande. Malgré la politique officielle des Shogun, désireux de mettre fin à l'influence étrangère dans le pays. Les Hollandais démontrèrent qu'ils étaient intéressés surtout par le commerce, et prouvèrent leur engagement durant la rébellion de Shimabara en ouvrant le feu sur les chrétiens en aide au shogun. En 1641, on leur octroya Dejima, une île artificielle dans la baie de Nagasaki dans laquelle ils étaient confinés, pour servir de base à leur commerce. Depuis cette date et jusqu'en 1855, les contacts du Japon avec le monde extérieur furent strictement limités à Nagasaki. En 1720, la censure qui frappait les livres néerlandais fut levée. Des centaines d'étudiants en profitèrent pour affluer vers Nagasaki pour étudier les sciences et les arts européens.

Après que le commodore Matthew Perry débarqua en 1853, le shogunat se désagrégea et le Japon ouvrit alors de nouveau ses portes. Nagasaki devint un port libre en 1859. Avec la restauration Meiji, Nagasaki devait rapidement dominer d'un point de vue économique, notamment grâce à la construction de navires. Lors de la première reconstruction d'une église, des chrétiens japonais sortirent du secret pendant lequel ils s'étaient mis depuis le XVIIe siècle : ils furent néanmoins, dans un premier temps, persécutés avant de pouvoir exercer librement leur culte


Pendant la Seconde Guerre mondiale, le 9 août 1945 à 11h02 du matin, le B-29 Bockscar piloté par Charles Sweeney, parti de Tinian dans les îles Mariannes du Nord, largua la bombe atomique Fat Man sur la ville : elle explosa à 580 m d'altitude, à l'aplomb du quartier Urakami. Ce fut la seconde explosion nucléaire au Japon, trois jours après celle d'Hiroshima.

Cette bombe était une bombe au plutonium de 17 kilotonnes, différente de celle d'Hiroshima (uranium 235), mais semblable à celle de l'essai Trinity, réalisé à Alamogordo, le 15 juillet 1945.

Le scénario d'Hiroshima se reproduit, à peine moins meurtrier. En effet, la topographie de Nagasaki en fait un site plus ouvert alors que les collines ceignant Hiroshima avaient amplifié les effets dévastateurs de l'explosion.


75 000 des 240 000 habitants de Nagasaki furent tués sur le coup, et au moins autant d'habitants décédèrent des suites de leurs maladies ou de leurs blessures — non seulement des Japonais mais aussi 13 000 Coréens (travailleurs forcés pour la plupart) et 200 prisonniers de guerre alliés. La cathédrale chrétienne d'Urakami, le principal lieu de culte catholique du Japon, presque à l'aplomb du largage (dit hypocentre), confondue avec un bâtiment portuaire, est entièrement détruite. Le bombardier devait viser les quais Mitsubishi. Mais l'objectif initial du B-29 était Kokura, devenue depuis un quartier de Kitakyushu, au nord de Kyushu : malgré trois survols de Bockscar, les nuages sauvèrent cette ville.


La ville fut reconstruite après la guerre, quoique radicalement différente. De nouveaux temples furent bâtis ainsi que des églises, car la présence chrétienne ne disparut en fait jamais. Il y eut même, après la guerre, une augmentation du nombre de fidèles. Parmi ceux-ci, le Docteur Takashi Nagai (1908-1951), le premier citoyen honoraire de la ville, mort de leucémie. Quelques débris furent laissés en place en souvenir du bombardement : comme une porte (torii) dont il ne reste plus qu'un poteau dressé.


Comme Hiroshima, Nagasaki présente son parc de la Paix et les deux villes sont associées dans les protestations contre les armes atomiques et leurs essais.

De nouveaux bâtiments furent créés pour servir de mémorial, tel le musée de la Bombe atomique ; mais Nagasaki reste une ville portuaire, avec une construction navale florissante, offrant un exemple de persévérance.

dimanche 15 juin 2008

L'homme qui défia la censure

"Je n'ai rien vu de tel en 4 ans de guerre. Le regard peut porter sur 30 kilomètres carrés sans accrocher un bâtiment ",
écrit Wilfred Burchett à Hiroshima.

Sans Wilfred Burchett, premier journaliste à être entré à Hiroshima, le monde aurait sans doute longtemps ignoré les ravages des radiations. Ravages immédiatement niés par l'état-major américain.

Dans les derniers jours du mois d'août 1945, deux semaines après les bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki qui ont entraîné, en quelques jours, la capitulation du Japon, les premiers marines débarquent dans le sud de l'archipel sans tirer un seul coup de feu. Parmi les vétérans qui descendent du Millette, un cargo reconverti en transport de troupes, un journaliste, qui n'a qu'une seule idée en tête: gagner au plus vite Hiroshima.

A 34 ans, Wilfred Burchett a couvert toute la guerre du Pacifique pour le Daily Express, le plus grand quotidien britannique de l'époque. Cet Australien, plusieurs fois blessé, se trouve encore dans l'île d'Okinawa, l'une des conquêtes les plus coûteuses de l'armée américaine (82 jours de combat, 12000 morts américains, 131000 japonais) lorsqu'il entend un speaker annoncer à la radio qu'une seule bombe, d'une puissance énorme a rasé une ville entière du Japon. Sa réaction est immédiate: "Je notais mentalement que ce serait mon premier objectif si je parvenais à mettre le pied au Japon. "

Arrivé à Tokyo, Wilfred Burchett retrouve tous les correspondants de guerre, réunis pour ce qui doit être le dernier acte d'une tragédie qui aura duré quatre ans: la signature de la reddition japonaise à bord du cuirassé Missouri. Le 2 septembre au matin, ils sont plus de six cents à y assister, en rade de Tokyo, quand Wilfred Burchett, seul, non accrédité par les autorités d'occupation, monte dans un train qui doit l'emmener jusqu'à Hiroshima, la ville n'étant pas encore sous contrôle américain. "Les huit premières heures comptèrent parmi les plus hasardeuses de mon expédition. Le train était plein à craquer d'officiers et de soldats fraîchement démobilisés. Des officiers portaient encore leur long sabre [ ... ], et il me semblait qu'ils avaient une furieuse envie de passer aux actes". Après vingt heures de voyage, il saute du train, en pleine nuit, dans ce qu'il reste de la gare d'Hiroshima. Immédiatement arrêté par la police japonaise, il ne découvre la cité qu'au petit matin. Il est le premier journaliste occidental à contempler ce champ de ruines mais surtout à visiter les hôpitaux où des gens meurent d'une façon inconnue: "A Hiroshima, trente jours après la première bombe atomique qui détruisit la ville et fit trembler le monde, des gens, qui n'avaient pas été atteints pendant le cataclysme, sont encore aujourd'hui en train de mourir, mystérieusement, horriblement, d'un mal inconnu pour lequel je n'ai pas d'autre nom que celui de peste atomique [ ... ]. Sans raison apparente, leur santé vacille. Ils perdent l'appétit. Leur cheveux tombent. Des taches bleuâtres apparaissent sur leur corps. Et puis ils se mettent à saigner, des oreilles, du nez, de la bouche. " Ce long article que Wilfred Burchett tape assis sur des gravats au point de l'épicentre, en maltraitant sa vieille machine Baby Hermes, est transmis en morse jusqu'à Tokyo. Publié le 5 septembre à la une du Daily Express et diffusé gratuitement aux autres journaux, il fera le tour du monde.

La une du Dally Express du 5 septembre 1945. " La peste atomique. Ce que j'écris doit servir d'avertissement au monde entier. "

Car personne n'a encore parlé des ravages des radiations. Pour l'opinion mondiale, les deux bombes jetées par les Américains sont simplement des engins de guerre plus puissants que les autres: qu'elles aient contenu de quoi continuer à tuer longtemps après la fin de la guerre est impensable. L'état-major américain, qui ne pouvait imaginer qu'un correspondant non accrédité se rende aussi vite sur place, accuse le coup. Sa réponse vient le 13 septembre, dans le New York Times, sous la plume de William Laurence, éminent chroniqueur scientifique, qui révèle alors son appartenance au projet Manhattan, débuté en 1942 pour construire l'arme atomique. Il en est le chef des relations publiques. Le titre de son article? "Aucune radioactivité dans les ruines d'Hiroshima. " Et il réfute la version de Burchett. "Les Japonais prétendent que des gens sont morts du fait des radiations. Si cela est vrai, ils ont été très peu nombreux. Et s'il y a eu des radiations, elles ont été émises pendant l'explosion et pas après. Les Japonais poursuivent leur propagande pour créer l'impression que nous avons gagné la guerre de façon déloyale. "

L'attitude de l'état-major américain ne variera pas. Il continuera à minimiser l'existence des radiations. La polémique, dans l'euphorie de la victoire, ne durera pas. La censure s'abat sur le Japon, la guerre froide s'installe. Mais personne ne peut plus ignorer ce qu'est réellement l'arme atomique. A quelques heures près, l'information est passée. Wilfred Burchett continuera à barouder, assurant la couverture de la plupart des conflits de la guerre froide, jusqu'à sa mort, en 1983, d'un cancer.

samedi 14 juin 2008

Hiroshima et l'Histoire de Sadako Sasaki


Photo actuelle d'Hiroshima, il est assez facile d'oublier son passe, avec ses bâtiments modernes, ses jardins florissants...

Hiroshima (広島, litt. large île) est la capitale de la préfecture de Hiroshima et la ville la plus importante de la région de Chūgoku. Elle se situe sur la côte Nord de la mer intérieure de Seto, sur l'île de Honshū, à l'ouest du Japon. La ville est tristement célèbre car elle a été la victime du premier bombardement atomique de l'Histoire, le 6 août 1945.


Maquette d'Hiroshima avant la Bombe Atomique.

Hiroshima fut fondée en 1589 sur la côte nord de la mer intérieure de Seto (Setonaikai) par le seigneur féodal Terumoto Mori. Celui-ci construisit le château de Hiroshima sur la plus grande des îles que formaient les bras de la rivière Otagawa, d'où le nom que prit la ville.

Hiroshima devint un centre urbain d'importance durant l'ère Meiji. Pendant la première guerre sino-japonaise, Hiroshima devint l'une des principales bases logistiques de l'armée impériale japonaise. Elle conserva cette fonction au cours de l'ère Showa.


Maquette d'Hiroshima juste apres la Bombe Atomique.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Hiroshima fut un centre stratégique assurant la défense terrestre de tout le sud du Japon ainsi qu'un centre industriel de première importance. Juste en face du port de la ville, sur l'île d'Okunoshima, était établie une usine de fabrication de gaz toxique affiliée au réseau d'unités de recherche de Shiro Ishii. Avec l'expansion de l'empire, différents types d'armes chimiques y furent produites comme le gaz moutarde, l'ypérite, le lewisite et le cyanure. Ces gaz étaient notamment utilisés contre les soldats et les civils chinois ainsi que dans les expérimentations sur des humains par les unités de Shiro Ishii.


En 1945, l'armée Américaine avait retenu quatre objectifs : Hiroshima, Nagasaki, Kokura et Niigata.

Le 6 août 1945 à 2 h 45 (heure locale), le bombardier B-29 Enola Gay piloté par Paul Tibbets, décolle de la base de Tinian, avec à son bord une bombe atomique à l'uranium 235 d'une puissance de 12 kilotonnes, surnommée Little Boy. L'équipage est composé de douze hommes, dont quatre scientifiques. Deux autres B-29 l'escortent, emportant les instruments scientifiques destinés à l'analyse de l'explosion.


À 7 h 09, l'alarme aérienne est déclenchée à Hiroshima ; un avion isolé est repéré. Il s'agit du B-29 d'observation météorologique Straight Flush. Au même moment, deux autres appareils survolent Kokura et Nagasaki pour une mission de reconnaissance identique. Les conditions météorologiques sont très bonnes au-dessus de Hiroshima ; la ville est choisie comme cible. Au sol, l'alerte aérienne est levée à 7 h 30. La ville a été peu bombardée pendant la guerre et les habitants ont l'habitude de voir les bombardiers américains survoler leur ville pour se rendre plus au nord.

La bombe, recouverte de signatures et d'injures à l'adresse des Japonais est armée en vol et larguée à 8 h 15, à près de 9 000 mètres au-dessus de la ville. À 8 h 16 mn 02 s heure locale, après 43 secondes de chute libre, la bombe explose à 600 mètres du sol, à la verticale de l'hôpital Shima situé au cœur de l'agglomération.


L'explosion, équivalent à celle de 15 000 tonnes de TNT, rase instantanément la ville. 75 000 personnes sont tuées sur le coup dont un tiers de militaires, la ville étant entre autres le siège de la 2e Armée, chargée de la défense de l'ouest du Japon, et de nombreux arsenaux et bases aériennes. Dans les semaines qui suivent, plus de 50 000 personnes supplémentaires meurent. Le nombre total de morts reste imprécis ; il est de l'ordre de 250 000. Sur les 90 000 bâtiments de la ville, 62 000 sont totalement détruits.

Il ne resta aucune trace des habitants situés à moins de 500 mètres du lieu de l'explosion.

Au retour, les aviateurs verront pendant 500 kilomètres le champignon qui, en deux minutes, a atteint 10 000 mètres d'altitude. L’Enola Gay atterrit six heures plus tard à Tinian. Son équipage est aussitôt décoré.


Hiroshima fut entièrement reconstruite après la guerre. À l'initiative de son maire, Shinzo Hamai, elle fut proclamée Cité de la Paix par le parlement japonais en 1949.

En guise de témoignage, les ruines du Genbaku Dome, l'un des seuls bâtiments à ne pas avoir été entièrement détruits par l'explosion, furent conservées.

La reconstruction de la ville intègre un Musée de la Paix, dont les bâtiments ont été conçus par l'architecte Kenzo Tange. Un vaste parc, le Parc de la Paix, s'étend sur 12 hectares, à proximité de l'hypocentre de l'explosion. Ce parc abrite de nombreux monuments à la mémoire des victimes de la bombe. Le cénotaphe contient le nom de toutes les victimes connues de la bombe ; une flamme de la paix y brille, destinée à rester allumée tant que des armes nucléaires existeront.

Chaque année, le 6 août, une cérémonie commémorative est organisée dans le Parc de la Paix.


Ci-dessus, petites grues en origami faites par Sadako Sasaki en 1955.

Sadako Sasaki (en japonais 佐々木 禎子 Sasaki Sadako), fillette japonaise née le 7 janvier 1943 et morte le 25 octobre 1955 à l'âge de 12 ans d'une leucémie due à la bombe atomique d'Hiroshima. Elle est devenue depuis avec la grue en papier un symbole pour la paix.

Le 6 août 1945 à 8h15 du matin, la première bombe atomique explosa environ 580 mètres au-dessus du centre ville d'Hiroshima au Japon. En l'espace de quelques secondes la ville fut réduite à l'état de décombres au milieu d'une plaine écorchée. De nombreuses vies furent détruites ce jour-là. Sadako avait alors deux ans et se trouvait ce jour-là à deux kilomètres du lieu de l'explosion. La plupart de ses voisins furent tués mais Sadako ne fut pas blessée ou ne sembla pas l'être.

Jusqu'en 1954 elle semblait être une petite fille normale et joyeuse. Bonne élève, elle passa une enfance sans problème majeur, grandit normalement et se lança dans la course à pied de compétition.

Cependant, en 1954, après un relais où elle avait aidé son équipe à gagner, elle se sentit extrêmement fatiguée et sa tête tournait. Les vertiges passant, Sadako pensa qu'ils n'étaient causés que par la fatigue, mais ce n'était pas le cas. Dès lors de plus en plus d'incidents se produisirent. Plus tard les vertiges furent tels qu'elle tomba et ne put se relever. Ses camarades de classe appelèrent la maîtresse qui contacta ses parents. Ces derniers l'emmenèrent à l'hôpital de la Croix-Rouge où on diagnostiqua une leucémie (une forme de cancer des cellules sanguines), le « mal de la bombe atomique » auquel peu survivaient à cette époque.


Le mémorial Sadako Sasaki à Hiroshima.

La meilleure amie de Sadako, Chizuko, lui raconta l'ancienne légende japonaise des 1000 grues et lui apporta un origami. Selon celle-ci, quiconque confectionne mille grues en origami voit un vœu exaucé. Sadako s'attela dès lors à la tâche, espérant que les dieux, une fois les mille grues pliées, lui permettraient de guérir et de recommencer la course à pied. La famille de Sadako s'inquiétait à son propos. Ils venaient souvent lui rendre visite à l'hôpital pour lui parler et l'aider à faire les origamis. Après qu'elle eut plié 500 grues, elle se sentit mieux et les médecins dirent qu'elle pouvait rentrer chez elle pour quelque temps, mais après moins d'une semaine elle se sentit de nouveau mal et dut retourner à l'hôpital.

Elle confectionna au total 644 grues de papier. Elle mourut le 25 octobre 1955 à l'âge de douze ans. Elle avait plié ses grues avec tout le papier qu'elle pouvait trouver, jusqu'aux étiquettes de ses flacons de médicament.

L'histoire de Sadako eut un profond impact sur ses amis et sa classe. Ils finirent de plier les 1000 grues et continuèrent pour récupérer de l'argent des écoles japonaises afin de construire une statue en l'honneur de Sadako et de tous les enfants affectés par la bombe.

Collégiens japonais offrant leurs grues au mémorial de Sadako.Aujourd'hui, dans le Parc de la Paix d'Hiroshima, se dresse une statue de Sadako placée sur un piédestal en granite et tenant une grue en or dans ses bras ouverts. À sa base se trouve cette inscription :

Ceci est notre cri.
Ceci est notre prière.
Pour construire la paix dans le monde
Tous les ans, des enfants du monde entier plient des grues et les envoient à Hiroshima. Les origamis sont disposés autour de la statue. Grâce à Sadako, la grue en papier est devenue un symbole international de la Paix.

La A Bomb Dome ou le Dôme de Genbaku


Le dôme de Genbaku (原爆ドーム), ou le mémorial de la paix d'Hiroshima ou encore le dôme de la Bombe Atomique, était à l'origine le Palais d’exposition industrielle du département de Hiroshima.

Conçu par l’architecte tchèque Jan Letzel, ce bâtiment de style européen fut construit en 1915. Remarquable par son dôme ovale et ses façades bombées, il était un point de repère pour les habitants et un symbole du département.


Le 6 août 1945, à 8h15 du matin, la première bombe atomique explosa à 580 mètres du sol, à 160 mètres au sud-est de ce bâtiment. Les constructions alentour furent instantanément vaporisées, mais ce bâtiment, du fait qu’il ait subi le souffle de l’explosion presque directement de dessus, resta en partie debout, offrant à la vue ses façades calcinées et l’ossature métallique du dôme telles qu’on peut les voir aujourd’hui.


Au bout d’un certain temps, les gens se mirent à nommer les ruines de ce bâtiment le « Dôme de Genbaku ». En juin 1995, ces ruines furent classées monument historique et l’année suivante, le 5 décembre 1996, elles furent inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco.


L’appellation officielle sur la Liste du patrimoine mondial est « Mémorial de la paix d'Hiroshima (Dôme de Genbaku) », avec comme argument que « le Dôme est devenu un monument universel pour l’humanité entière, symbolisant l’espoir d’une paix perpétuelle et l’abolition définitive de toutes les armes nucléaires sur la Terre ».

Il faut noter que les représentants des États-Unis et de la Chine se sont opposés à cette inscription, déclarant « qu'elle était dénuée de toute perspective historique » ...

Le Musee de la Paix


Reproduction de Little Boy, la Bombe Atomique qui a détruit Hiroshima.

Tres dure journée, la visite du Parc de la Paix avec les statues commemoratives, les monuments, les fontaines (car tous les survivants demandaient de l'eau), les musées, dont le Musée de la Paix.


Le Musée de la Paix rassemble de nombreux témoignages relatifs à la bombe : des objets, photos, modèles réduits de la ville, les nombreux témoignages des survivants, peintures...


8h15... Toutes les montres et les horloges se sont arrêtées a jamais sur cette heure tragique.


Et je ne vous parle pas de ce que j'ai vu ce matin au Musée de la Bombe Atomique de Nagasaki. Je n'ai pas pu prendre de photos (c'était