mardi 22 juillet 2008

La Guerre de Coree sur les photos du Musee et Memorial de la Guerre


La guerre de Corée eut lieu de 1950 à 1953 entre les forces de la Corée du Nord communiste, soutenues par la République populaire de Chine et l'Union soviétique, et celles de la Corée du Sud sous influence occidentale, soutenues par les Nations unies (principalement les États-Unis).


À la conférence de Yalta, Staline avait promis à Roosevelt que l’URSS entrerait en guerre contre le Japon trois mois après la capitulation de l'Allemagne ; en même temps, les Alliés avaient convenu qu’en Corée les forces japonaises stationnées au nord du 38e parallèle se rendraient aux Soviétiques, et celles qui occupaient le Sud aux Américains.

Les Soviétiques intervinrent dans le Nord quelques jours après la déclaration de guerre au Japon, le 9 août 1945. Pour leur part, les Américains débarquèrent le 8 septembre 1945, le surlendemain de la proclamation à Séoul d'une éphémère République démocratique par les partis de gauche à majorité communiste qui avaient été actifs dans la résistance à l'occupation japonaise.


Cependant, ni les États-Unis, ni les Soviétiques, ni a fortiori les Coréens eux-mêmes ne considéraient comme définitive la partition de facto de la péninsule coréenne qui découlait de la double présence américaine et soviétique : en effet, une commission mixte américano-soviétique se mit en place dès janvier 1946, mais ses travaux n'aboutirent pas en raison de la tension croissante entre les deux Grands.

En septembre 1947, les Américains portèrent la question coréenne devant les Nations unies. L’Assemblée générale désigna une commission chargée d’organiser et de superviser des élections libres en tant que préliminaires à la formation d’un gouvernement national. Toutefois, les Soviétiques, qui considéraient les Nations unies comme une organisation liée aux États-Unis (avant la décolonisation, la plupart de ses membres appartenaient au bloc occidental), refusèrent d’admettre la commission dans leur zone d’occupation.


Les partis de gauche de tout le pays, ainsi que des organisations nationalistes antiaméricaines, se réunirent à Pyongyang en avril 1948 et décidèrent le boycott des élections. Celles-ci ne furent organisées que dans la zone occupée par les États-Unis, sous la surveillance de l'ONU ; elles portèrent au pouvoir le vieux leader nationaliste et anticommuniste Syngman Rhee, qui avait été le chef du gouvernement coréen en exil constitué en 1919. Le 19 juillet 1948, la République de Corée fut proclamée à Séoul.

En réaction, dans la zone d’occupation soviétique, des élections non surveillées par l'ONU furent organisées ; elles donnèrent la majorité aux partis de gauche dominés par les communistes. En même temps, des élections clandestines se déroulèrent dans le Sud : les délégués ainsi élus vinrent siéger à Pyongyang, où l'Assemblée populaire suprême proclama la République populaire démocratique de Corée. Tout comme la République de Corée, celle-ci prétendait représenter l'ensemble de la péninsule.


L'homme fort du nouveau régime nord-coréen était Kim Il-sung, secrétaire général du Parti du travail de Corée et ancien résistant à l'occupation japonaise. Leader d’un petit groupe de partisans coréens à partir de 1930, Kim avait en effet dirigé plusieurs raids contre les avant-postes japonais en Corée à partir de la Mandchourie où, enfant, il s’était réfugié avec ses parents. En 1941, il quitta la Mandchourie, devenue une république fantoche du nom de Manchukuo, et reçut un entraînement militaire en Union soviétique. Il retourna en 1945 dans son pays en tant qu’officier de l’Armée rouge.

Syngman Rhee et Kim Il-sung désiraient tous deux réunifier la péninsule, mais chacun selon sa propre idéologie politique.

Avec la conscription rétablie en 1947 (qui provoque une certaine résistance armée dans une partie de la population, voir UNPIK). Équipés en chars et en armes lourdes d'origine soviétique, l'armée nord-coréenne appelée Armée populaire de Corée était davantage en mesure de prendre l'initiative, tandis que l’armée sud-coréenne, en raison d’un soutien américain plus limité après le retrait des troupes d'occupation (décembre 1948 et juin 1949), était en état d’infériorité, matérielle (aucun char et pas d'avion de combat) mais surtout numérique.


La date du 25 juin 1950, choisie « fin mai 1950, devant l'insistance de Kim Il-sung », marque le franchissement du 38e parallèle par les divisions nord-coréennes ; elle est généralement considérée par les historiens occidentaux et russes comme le début de la guerre de Corée. Pour sa part, la Corée du Nord retient une date antérieure de quelques jours, en alléguant qu'elle n'aurait fait que riposter à une importante incursion sud-coréenne sur son territoire, incursion livrée avec le soutien de conseillers américains.

Dans les heures précédant l'aube du 25 juin 1950, sous la protection d'un formidable barrage d'artillerie, 135 000 Nord-Coréens franchirent la frontière entre les deux Corées. Le gouvernement nord-coréen annonça que des troupes commandées par le « traître et bandit » Syngman Rhee avaient traversé le 38e parallèle, et que par conséquent le Nord avait été obligé de riposter « à une grave provocation des fantoches de Washington », selon L'Humanité du lendemain. De son côté, Jean-Paul Sartre, compagnon de route du Parti communiste français, affirma que « c’était la Corée du Sud qui avait attaqué la Corée du Nord à l'instigation des États-Unis ». Conseillée et équipée par les Soviétiques, qui ne s'engageront toutefois jamais ouvertement, l'armée nord-coréenne mit en ligne 7 divisions, 150 T-34, 1 700 pièces d'artillerie, 200 avions de combat et d'importantes réserves. L'attaque nordiste fut dévastatrice. Au moins les deux tiers de la petite armée sud-coréenne (à peine 38 000 hommes répartis sur 4 divisions d'infanterie) étaient alors en permission, laissant le pays largement désarmé. Les Nordistes attaquèrent en plusieurs endroits stratégiques, parmi lesquels Kaesong, Chunchon, Uijongbu, et Ongjin. En quelques jours, les forces sudistes, surclassées en nombre et en puissance de feu, furent mises en déroute et durent battre en retraite. Tandis que l'attaque au sol progressait, l'armée de l'air nordiste bombarda l'aéroport de Kimpo à Séoul ou se trouvait les 22 avions de liaison et d'entraînement de l'aviation du sud. Séoul fut capturé dans l'après-midi du 28 juin. Les Nord-Coréens n'avaient toutefois pas réussi à atteindre leur objectif principal, à savoir la reddition rapide du gouvernement de Rhee et la désintégration de son armée.

L'invasion de la Corée du Sud (République de Corée, RdC, ROK en anglais) semble avoir été une surprise complète pour les États-Unis et leurs alliés ; quelques jours avant l'offensive nord-coréenne, le 20 juin, Dean Acheson, le nouveau Secrétaire du Département d'État, avait déclaré officiellement au Congrès qu'une guerre était improbable. Truman lui-même fut contacté quelques heures après le déclenchement de l'offensive ; il crut qu'il s'agissait du début de la troisième Guerre mondiale. En tout état de cause, une partie de l'état-major américain aurait accueilli avec enthousiasme l'annonce, espérant pouvoir ainsi « endiguer » (statégie du containment) la progression des communistes en Extrême-Orient. « Les Coréens nous sauvent », aurait déclaré le secrétaire d’État Acheson quand il reçut le 25 juin la nouvelle du déclenchement des hostilités.


Char M4A3E8 "Sherman" en position de tir sur une colline.Malgré la démobilisation partielle des forces américaines et alliées après la défaite du Japon, ce qui causa de sérieux problèmes logistiques aux troupes américaines dans la région - hormis les Marines, les divisions d'infanterie envoyées en Corée ne comptaient que 40% de leurs effectifs et la majeure partie de leur équipement était inutilisable -, les États-Unis avaient encore 83 000 hommes au Japon répartis en 3 divisions d'infanterie plus la 1re division de cavalerie, sous le commandement du général Douglas MacArthur. À part les unités du Commonwealth en Corée, aucune autre nation ne pouvait fournir des renforts importants. Le président Harry S. Truman, à la nouvelle de l'invasion, ordonna à Mac Arthur de transférer des munitions au profit de l'armée sud-coréenne (en anglais ROK Army, ROKA) et de fournir une protection aérienne afin de permettre l'évacuation des citoyens américains. Toutefois, Truman était en désaccord avec ses conseillers, qui voulaient lancer des raids aériens contre la Corée du Nord. Il autorisa cependant la Septième Flotte à protéger Taïwan, mettant ainsi fin à la politique américaine de désengagement vis-à-vis du gouvernement nationaliste du Kuomintang, confiné à Taiwan - réplique américaine redoutée par Mao avant l'attaque nord-coréenne. Tchang Kaï-chek proposa de participer à la guerre, mais cette demande fut rejetée par les Américains au motif que cela ne ferait qu'encourager une intervention des communistes chinois.


Au Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, profitant de l'absence de l'Union soviétique (politique dite du « siège vide », pour dénoncer le refus américain d'admettre la Chine communiste au Conseil), firent adopter le 27 juin 1950 une résolution (83) condamnant l'agression nord-coréenne ; le 7 juillet, une nouvelle résolution (84) leur confia le commandement d'une force onusienne. Seize pays acceptèrent de venir en aide à la Corée du Sud.

En août, les débris de l'armée sud-coréenne ainsi que la 8e armée américaine envoyée en renfort furent acculés au sud-est de la péninsule, dans la poche de Pusan. Grâce à un important appui aérien, elles parvinrent à stabiliser le front le long de la rivière Nakdong. Cependant, malgré de nouveaux renforts, la situation demeurait critique et il semblait bien que les Nordistes fussent sur le point de prendre le contrôle de la péninsule toute entière.

Le 15 septembre 1950, le général américain MacArthur débarqua à Inchon, derrière les lignes ennemies, prenant à revers les troupes nord-coréennes. Celles-ci furent encerclées et se désagrégèrent rapidement après cette manœuvre tactique audacieuse. Séoul fut reprise le 26 septembre. Le 7 octobre, les troupes des Nations unies franchirent à leur tour le 38e parallèle et pénétrèrent en Corée du Nord. Le 26 octobre, elles atteignirent le Yalu qui marque la frontière sino-coréenne.

La Chine intervint alors de manière non officielle. Le 31 octobre, plusieurs divisions chinoises franchirent le Yalu, où elles entrèrent en contact avec des unités américaines.

Après des combats acharnés contre les forces chinoises, les Américains furent repoussés. Les Chinois se retirèrent et les Américains purent ainsi reprendre leur offensive jusqu'à ce que, fin novembre 1950, plus d'un demi-million de soldats chinois de l'armée populaire de libération appuyant l'armée nord-coréenne repassent à l'attaque avec une couverture aérienne de l'aviation soviétique. Les forces des Nations unies, éparpillées et mal équipées contre le froid, furent rejetées au-delà du 38e parallèle entrainant dans leur retraite plus d'un million de civils nord-coréens fuyant le régime communiste ; Séoul fut repris par les Nord-Coréens et leurs alliés chinois.

Pour redresser la situation, MacArthur suggérait un bombardement nucléaire de la Mandchourie et l'intervention des forces chinoises nationalistes du Guomindang. Passant outre les ordres de Washington — MacArthur venait de repasser à l'attaque vers le Nord (contre la volonté de Truman qui souhaitait stabiliser le front définitivement sur le 38ème parallèle) —, il fut limogé par son président, car ce dernier redoutait un affrontement sino-américain dont l'Union soviétique aurait pu tirer profit.

Le successeur de MacArthur, le général Ridgway, parvint à reprendre Séoul suite à plusieurs offensives acharnées. Le front se stabilisa sur la ligne de démarcation actuelle.

L’idée commença alors à se répandre d’un statu quo ante bellum.
Le 23 juin 1951, Jacob Malik, délégué permanent de l’URSS aux Nations-Unis, insère dans un discours un passage où il suggère une négociation sur cette base : un tel scénario avait débouché deux ans plus tôt sur la levée du blocus de Berlin.

Dès le 10 juillet 1951, les délégués des deux camps se rencontrèrent à Kaesong, à proximité de l’ancienne ligne de démarcation.

Mais il faudra attendre le 27 juillet 1953 pour que les négociations aboutissent à Panmunjeom, mettant fin à un conflit qui aura duré trois ans et causé au moins un million de morts selon la plupart des historiens occidentaux (plus de deux millions selon les Nord-Coréens). Le cessez-le-feu consacra le retour au statu quo ante : en effet, la Zone coréenne démilitarisée entre les deux Corées (coupant le 38e parallèle en diagonale, suivant une bande de 249 km de long sur 4 km de large) fait que les territoires des deux Corées seront sensiblement les mêmes qu'au début du conflit avec un petit avantage pour le Sud, la ligne de front s'étant stabilisé un peu au-delà de l'ancienne frontière.


La proportion de pertes chez les prisonniers de guerre sud-coréens et des Nations-Unies dans les camps nord-coréens et chinois atteint selon certaines études aux alentours de 43 %. Le caractère idéologique du conflit n’explique pas à lui seul cette extréme surmortalité, davantage conséquence des mauvaises conditions d’hygiène et de nutrition que des actions directes des geôliers, du moins après la première année de guerre.

Les négociations sur les prisonniers de guerre furent très âpres et l'une des principales raisons de la lenteur des pourparlers de paix.

Le 18 décembre 1951, les Nations unies fournirent les noms de 132 000 prisonniers sur 176 000 captifs. Le désaccord dans les chiffres provient du fait que 38 000 « soldats nord-coréens » étaient en réalité des citoyens du Sud enrôlés de force par le Nord. Il manquait aussi 6 000 morts ou évadés.

La liste communiste comprenait les noms de 11 559 prisonniers, en contradiction avec le fait que la radio de Pyong-Yang, après 9 mois de guerre s'était vantée de détenir 65 000 prisonniers. Mais au 18 décembre 1951, les forces communistes déclaraient détenir 7 145 Sud Coréens, 3 198 Américains, 919 Britanniques, 234 Turcs, 40 Philippins, 10 Français, 6 Australiens, 4 Sud-Africains, 3 Japonais, 1 Canadien, 1 Grec et 1 Néerlandais.


Des 10 000 Américains manquant, un tiers seulement avaient été retrouvé. Pas un seul des 1 036 prisonniers dont les noms à un moment ou un autre avaient été cités dans les médias du bloc de l'Est n'apparaissait sur la liste. Sur les 110 noms communiqués à la Croix-Rouge, il n'en restait que 44 sur la liste. Plus grave, 50 000 Sud Coréens disparus avaient été « libérés sur les lignes de front » selon la Corée du Nord, embrigadés de force dans l'armée du Nord selon les Nations unies.

Ce furent les méthodes de rapatriement des prisonniers aux mains des Nations unies qui freinèrent les négociations, la Chine et la Corée du Nord voulant que tous les prisonniers leur soient remis sans conditions tandis que les Nations unies prônaient la liberté de choix. Finalement, la deuxième solution fut adoptée, à la suite de compromis arrachés aux nations communistes qui pouvaient tenter de convaincre leurs citoyens de renoncer à leur choix. Sur les 75 000 prisonniers qui avaient demandé de rester dans le camp occidental, 5 000 renoncèrent à leur projet initial.

Le retour des prisonniers se fit en 2 phases : l'opération « Petit Échange », en avril 1953, où les Nations unies restituèrent 5 194 militaires et 416 civils nord-coréens tandis que le Nord rendait 471 Sud-Coréens, 149 Américains, 32 Britanniques, 15 Turcs, 6 Colombiens, 5 Australiens, 2 Canadiens, 1 Grec, 1 Sud Africain, 1 Philippin et 1 Néerlandais. Puis l'opération « Grand Échange » consista en un échange massif de prisonniers après l'armistice : 70 159 Nord-Coréens et 5 640 Chinois furent rapatriés dans leurs pays respectifs tandis que 7 848 Sud-Coréens, 3 597 Américains et 1 312 membres des autres contingents des Nations unies furent libérés.

Environ 15 000 Chinois et 50 000 Nord-Coréens choisirent de rester au Sud, tandis que 305 Sud-Coréens, 1 Britannique et 21 Américains restèrent dans le Nord (3 Américains changèrent d'avis après coup).

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